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qui sommes nous ?

 
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dan69
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MessagePosté le: Mar Juil 05, 2005 8:51 pm    Sujet du message: qui sommes nous ? Répondre en citant

Qui sommes-nous, que faisons-nous ?

Nous sommes un groupe de personnes, hommes et femmes, ayant subi l'inceste, la pédophilie.
Parce que nous en sommes nous-même des surVivants, nous avons décidé de nous soutenir, de nous entraider et de nous battre. De relever la tête, de parler, d'informer, de prévenir: parler peut sauver des vies.

Ce faisant, nous voulons contribuer à une prise de conscience, un changement des mentalités, une reconnaissance de la vérité, pour pouvoir un jour croire en une humanité digne de ce nom, capable d'aimer et protéger ses enfants, en bannissant toute forme de violence à leur encontre.

L'interdit de l'inceste est un tabou fondamental commun à toutes les sociétés humaines.
L'inceste est le plus grand crime de l'humanité. Ses ravages -même invisibles- sont innombrables, ses conséquences souvent invalidantes tout au long d'une vie. Pourtant, ce fléau se propage dans le silence et le secret des familles, dans l'incrédulité horrifiée des professionnels de l'enfance, parfois même de la santé et de la justice, qui bien souvent, aujourd'hui encore, détournent le regard et se taisent tant est insoutenable la réalité de l'inceste.

Réaliser l'ampleur et l'horreur de ce crime perpétré contre les plus fragiles d'entre nous, les enfants, c'est aussi réaliser que les familles ne sont pas le suprême lieu de sécurité, d'affection, de tendresse et de protection qu'elles devraient être, puisqu'il est largement démontré par des études que plus de 25% des enfants sont victimes d'abus sexuel (un enfant sur quatre!) et que 80% des abus sexuels sur mineurs sont perpétrés dans le cercle restreint de la famille et des proches.

Croire que le crime de l'inceste ne se commet que dans un quart-monde de caricature serait naïf: il n'est pas de couche sociale ou économique qui soit épargnée. Il n'est pas d'origine, pas de milieu, pas de niveau d'études ni d'appartenance politique, idéologique ou religieuse, qui garantisse contre l'abomination de l'inceste. Sachons aussi que garçons et filles sont pareillement victimes, petits et grands, bébés ou adolescents, et que l'agresseur est aussi bien masculin que féminin.
L'adulte qui assouvit sa sexualité sur l'enfant, de quelque façon que ce soit, du premier regard malsain à l'attouchement furtif, de la parole jusqu'au viol, le fait au mépris de la Loi, au mépris du respect fondamental de l'autre, au mépris de l'amour inconditionnel et de la confiance totale que porte naturellement le petit être humain à son entourage.

Et il sait bien qu'il transgresse la Loi, puisqu'il agit dans le secret, garant de son impunité.
En plus de la personnalité manipulatrice de l'abuseur, la complicité active ou passive, consciente ou non, de l'entourage, contribue très souvent à donner l'apparence d'une famille sans histoires, bien sous tous rapports. En réalité, tout y est empreint d'insidieuse violence et de pesants non-dits, car l'abus sexuel se perpètre dans un climat d'abus de confiance et de pouvoir. Et si l'enfant se tait, souvent son comportement et son corps parlent pour lui, hélas sans qu'il soit entendu tant est ancrée l'idée que la famille est sacrée, par essence au-dessus de tout soupçon.
L'agresseur ajoute encore à la souffrance et la confusion de sa victime en lui répétant qu'il l'aime, en lui faisant croire que c'est lui, l'enfant, qui est demandeur, en déplaçant sur lui le poids de la honte et de la culpabilité. Ainsi, il l'emprisonne avec une violence psychique inouïe dans le silence et la solitude, pouvant même le conduire, au terme d'années voire de décennies de refoulement, d'amnésie post-traumatique et d'immenses souffrances physiques et morales, au suicide.

La Convention Internationale des Droits de l'Enfant, ratifiée par la France en 1990, affirme qu'il n'y a JAMAIS consentement de l'enfant.
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